avertissement

Attention: ce blog est une pure fiction. Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé ne serait qu'une pure coïncidence. D'ailleurs, comment voulez-vous que des gens aussi bizarres existent vraiment? Impossible!


Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 22:32

 

Samedi matin, je me suis éveillée avec des envies de popote à l’ancienne. Je visualisais tout un tas de victuailles odorantes et hivernales, propres à me faire oublier la moiteur grisâtre et glacée de l’air extérieur : rôtis dorés et parfumés, légumes mijotés… Humm….

Je l’ai déjà dit, l’automne est une saison par nature déprimante, alors il faut des compensations. En octobre, ce sont les champignons des bois, les girolles, les pleurotes et les cèpes qui exhalent leurs saveurs délicates dans les sauces et dans le jus des volailles. En novembre, c’est le temps des petits plats de l’hiver, ceux qui bouillonnent  pendant des heures et embuent les vitres de la cuisine de leurs vapeurs odorantes. Ca fait chaud au ventre, et au cœur de tous ceux qui partagent le contenu brûlant de la marmite en fonte.

Mais, avant que tout cela ne mijote, il faut acheter les ingrédients, les viandes et les légumes qui subliment les plats, ceux qui nous inspirent et qu’on cuisine avec respect, dans la tradition. On ne peut pas faire du goût avec de l’eau. Et on ne peut pas avoir le goût de cuisiner quand les produits ne vous séduisent pas. Cuisiner c’est un acte d’amour. Manger, c’est aimer. N’avez-vous jamais dit à votre enfant : « tu es si beau que je te mangerais ? », n’êtes-vous jamais « dévoré(e) » par la passion ?

D’ailleurs, on peut dire aussi que manger c’est commencer par s’aimer soi-même. Je me sens bien, donc je mange (parfois à mon « corps défendant » d’ailleurs, quand je me fixe des interdits). Et quand je me sens mal, la nourriture ne franchit plus mes lèvres. C’est ainsi que les grands désespoirs amoureux nous rendent minces (donc séduisant(e)s ) et que la vie de couple nous fait grossir  ( et donc devenir rond(e)s ) et donc potentiellement désespéré(e) à venir… Un cercle vicieux, mais quand même bien étudié. Car si on inverse la tendance, ça craint. On est désespéré, on dévore, on grossit, on reste seul(e), donc on déprime, on grossit dévore... J’en profite pour dire à mes copines en couple, minces, de se séparer, et à mes copines célibattantes enrobées de ne pas chercher trop à se caser, c’est qu’elles vivent bien comme ça ! Je plaisante et je m’égare à la fois, pardon…

Bref, j’en étais à mon samedi matin avec l’envie de cuisiner… J’étais restée sur un mauvais souvenir du mardi précédent (le 11 novembre) où, devant un garde-manger désespérément vide, j’avais dû me résoudre à commettre l’irréparable : aller faire le plein du caddy à Auchan un jour férié (argghhhh…), en oubliant en plus de donner à la caissière le bon de réduction de 5€ valable uniquement ce jour là et qui avait ramené dans le magasin quelques milliers de personnes désœuvrées embouteillant les allées (Grrrr…). Ce qui aurait dû me prendre 1h, m’a en réalité occupée 2h30, et ce d’autant plus que comme tous les autres, je me suis précipitée sur les ventes « flash », ce qui m’a permis de ramener à la maison : deux plaques de saumon fumé trop salé et plein de déchets, un brie sans goût (mais à moitié prix) et autres bonnes affaires du même acabit. La plus grosse de mes erreurs, ce fut d’acheter le déjeuner  au rayon traiteur (vu l’heure, je pensais que c’était un choix sage). Mais compte tenu des goûts variables des uns et des autres (surtout de Thieb qui n’aime rien, et surtout pas les légumes), mon choix était réduit. J’ai donc acheté un poulet déjà rôti. Le plus cher (il y avait le volatile de base et le « certifié »), bien que, déjà cuit, il soit moitié moins cher que le poulet crû bio que j’achète d’habitude. Ce n’était pas bon signe, et le résultat fut à la hauteur du prix payé : 3 fois rien. C’était tellement insipide, bourré d’eau, que j’ai fini par en jeter la moitié (personne n’en avait repris et j’étais incapable de le resservir une seconde fois tellement l’odeur me soulevait le cœur). J’étais restée sur cette impression écœurante de viande artificielle et je voulais me racheter ce week-end en cuisinant soupes et petits plats. C’est comme ça que j’ai décidé d’aller me ravitailler au magasin bio. En emmenant Rémi (oui je sais, mauvaise idée).

Mais vu les prix pratiqués, je me disais qu’il n’y aurait pas foule et que je serai revenue en deux coups de cuillère à confiture. Mauvaise appréciation.

Le samedi, le magasin bio est plein. Comme dans tous les supermarchés, on retrouve tout d’abord les petits vieux qui, comme chacun sait, n’ont pas le temps de faire leurs courses en semaine aux heures de bureau. Mais le petit vieux qui mange bio, c’est pas le plus frais. S’il mange sain, c’est pour vivre mieux, et plus longtemps. Mieux, j’en sais rien, mais plus longtemps, c’est sûr vu le nombre de tout rabougris qu’il y avait. Entendons nous bien : je n’ai rien contre les vieux, bien au contraire. Ayant atteint à peu près la moitié de ma vie potentielle, je vois la vieillesse au bout du couloir, donc pas d’ostracisme de ma part. Non, le truc, c’est que les vieux, au magasin bio, ils sont encore pire qu’ailleurs. D’abord parce que le magasin est petit, et qu’ils bloquent les allées avec leurs chariots qu’ils refusent de laisser à un endroit des fois qu’on leur piquerait avec toute la marchandise non payée dedans et leur jeton de plastique collector des 90’S. Quand on est au rayon légumes, c’est le pompon, parce que non seulement ils bloquent le passage sans vergogne le temps de remplir leur sachet de pommes, mais en plus, ils choisissent avec grand soin leurs 3 pommes, en remuant toute la caissette pour trouver les seuls fruits qui n’ont ni trou, ni tâche, qui sont de la taille ou de la couleur parfaite. Un vrai casting, avec tri et re-tri des candidates des fois qu’ils auraient râté la perle rare au premier passage. Par contre, pendant ce temps-là ils zieutent avec hargne votre rejeton qui ramasse les feuilles de laitues tombées par terre et grimpe sur les cageots pour les remettre sur les salades (mais ça tient pas, donc, faut recommencer) et qui tripote tous les fruits et légumes en récitant leurs noms. Genre pour un peu qu’ils iraient jusqu’à prétendre que vous n’êtes pas capables de tenir vos gosses, et donc que quand on sait pas les gérer, faut pas en faire ma brave dame ! Vous lisez tout cela et bien d’autres choses dans leurs petits yeux mauvais… Et le pire, c’est que comme ils vous ont coincée sans arrêt dans les rayons, ils sont devant vous à la caisse. Et là c’est l’horreur. Un petit vieux, ça range d’abord tout dans ses nombreux cabas (à 2 à l’heure mais avec beaucoup de soin…ou d’hésitation c’est selon) et quand c’est enfin fini, ça sort son portefeuille d’une main tremblotante, un vieux portefeuille marron au cuir tout râpé, avec une poche spéciale pour la précieuse carte bleue de la Poste, fermé par une fermeture éclair pour ne pas la perdre, et la fermeture éclair, quand on a les doigts pleins d’arthrite, c’est un vrai cauchemar. Puis il y a le code à taper. Faut mettre ses lunettes, qui sont bien rangées dans une boite rigide, pour pas les abimer. Il faut ensuite se souvenir du code, ou de l’endroit secret où on l’a noté. Je passe rapidement sur la facturette et le ticket à ranger dans le portefeuille marron, puis les lunettes qui doivent rejoindre leur boite et la poche de l’imperméable, bref, toutes ces petites choses que l’ancêtre pourrait faire APRES la caisse, mais qu’il fait DEVANT la caisse, pendant que vous et une bonne dizaine de clients impatients trépignez en poussant des soupirs entendus.

Mais le petit vieux n’est pas la seule plaie des courses du week-end au magasin bio…. Pour créer des embouteillages dans les rayons minuscules, y’a aussi : les obèses (on dit que la nourriture industrielle fait grossir mais visiblement le bio ne fait pas maigrir), les handicapés avec au minimum 2 béquilles et un pied bot), et les « tout mous ». Dans cette espèce de cour des miracles où la ménagère de moins de 50 ans fait partie des minorités oppressées, le « tout mou », c’est au contraire l’espèce la plus répandue. Le « tout mou » est un homme, ni mince ni gros, ni grand ni petit, que rien, absolument rien, ne distingue d’un autre tout mou. Une banalité tellement affligeante dans les traits et la tenue que si il y en avait un qui commettait un crime, on serait bien incapable d’en dresser un portrait-robot. Mais les « tout mous » ont tous en commun (hormis des goûts vestimentaires de chiotte) les caractéristiques suivantes : un air intellectuel (le « tout mou » c’est le théoricien du bio), les épaules tombantes et une expression d’ennui silencieux qui ferait déprimer un fan de Patrick Sébastien. La neurasthénie, c’est contagieux. D’ailleurs, celui qui est devant vous dans la file du rayon boucherie et qui lance des regards dégouttés à votre petit garçon quand celui-ci essaie d’entamer le dialogue, celui-là réussit même à déprimer le boucher, l’apprenti qui bosse avec lui et peut-être même le vieux qui commande sa viande en parts individuelles. C’est sûrement un « tout mou » qui a du inspirer les « détraqueurs » d’Harry Potter, ceux qui vident votre cœur de tout bonheur en aspirant votre âme…brrr…. En tout cas, chose étrange et paradoxale, les « tout mous » ont quand même l’air supérieur de ceux qui sont contents d’être ce qu’ils sont et surtout : de ne pas être VOUS.

Certes, le « tout mou » gagne bien sa vie, il a un boulot intellectuel genre prof de fac (je les ai toujours trouvés ennuyeux), il ne boit pas, ne fume pas, passe ses vacances à faire du trekking à l’étranger avec Nouvelles Frontières, dort dans une tente Quechua, lit le Monde, aime des films insupportables comme « le déclin de l’empire américain » et mange du boulgour au soja avec des morceaux de tofu aux algues.

Alors quand vous sortez du magasin la cagette de légumes sous le bras, votre enfant hurlant qu’il veut faire du BOTOGAN alors qu’il pleut à verse (il y a des jeux de plein air dans le jardin du magasin), le sac dégringolé de votre épaule et battant vos mollets à chaque pas, vous vous sentez soulagée et surtout VIVANTE.

Mais vous vous demandez quand même pourquoi les gens qui mangent de l’industriel sont normaux alors que ceux qui mangent du bio sont très…bizarres. Sauf vous évidemment.
Quoique....
Par Val de la Cosiète
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Jeudi 11 septembre 2008 4 11 /09 /Sep /2008 22:30

Quand on a des enfants, un conjoint à mi-temps et pas de famille dans le coin, il faut se débrouiller seule et assumer toutes les situations, même les plus pénibles… et avec les jums, c’est souvent pénible justement. J’ai pensé à de multiples reprises avoir touché le fond de la désespérance maternelle, mais j’ai encore franchi quelques paliers récemment… Faudra que je fasse attention lors de ma prochaine remontée vers la sérénité car je risque de finir en caisson hyperbare! Enfin si ça arrive un jour, parce que pour l’instant, je risque plus de finir noyée sous les emmerdements que déglinguée par un excès de bonheur soudain…

 

Tiens, par exemple, dans la série « les corvées de la rentrée » : le contrôle dentaire des jums un jeudi de fin août…

 

8h20: pour une fois, et sans explication rationnelle, tout le monde est prêt à partir à l'heure où il faut qu'on parte d'habitude... sauf que d'habitude justement on est toujours en retard... et qu'aujourd'hui, j'ai RDV à 9h seulement, et  à deux pas de la maison.

 

8h20 -> 8h50: canaliser les énergies débordantes et dévastatrices à coup de fessées....

 

9h00: arrivée chez madame Beaubidon. J'avais oublié, mais la salle d'attente est une vraie salle de jeu. Les petits s'éclatent... 1mn et demi... Il faut en choper un pour la visite. Le couperet tombe sur Rémi, qui est le plus proche de la porte... mais pas le plus conciliant....

 

9h03: Rémi hurle dans le cabinet, il ne veut pas s'assoir sur le fauteuil, il ne veut pas qu'on regarde sa bouche, il ne veut pas ouvrir la bouche, il ne veut pas la refermer non plus, il ne veut rien du tout sauf nous faire chier. Je le maîtrise comme je peux pour éviter qu'il en colle une à Madame Beaubidon. Du coup, dès que je le libère, il file donner des coups de pieds dans la porte et sur les murs. Donc, fessée, fessée et re-fessée... Pffff... La dentiste me demande s'il est toujours comme ça avec une forte nuance de compassion doublée d'inquiétude dans la voix...

 

9h10: retour salle d'attente pour choper Renaud. On laisse Rémi devant les jouets et on emmène le petit ange, souriant, qui claque un gros bisou sur les joues de Madame Beaubidon et écoute gentiment ses explications sur l'hygiène dentaire. Elle lui file une grosse brosse et il joue à nettoyer consciencieusement les dents d'une énorme mâchoire en plastique. La porte du cabinet s'ouvre à la volée: retour de Rémi qui ne supportait évidemment pas de rester seul. Madame Beaubidon frémit de la tornade qui s'annonce, je le vois... et je dois dire que je n'en même pas large non plus... Renaud s'installe sans rien dire sur le fauteuil et se laisse examiner sans émettre une seule protestation... pendant que Rémi touche à tous les instruments et fait son cirque...

 

9h20: les klabous réintègrent la salle d'attente et je reste pour le bilan et le règlement, ainsi que pour entendre les phrases de réconfort teintées manifestement de pitié de Madame Beaubidon et de son assistante concernant la difficulté d'élever des jumeaux, et particulièrement Rémi qu'elles me conseillent tout de même d'emmener chez un psy...Grrrr

Tout va bien pour les dents, hormis un brossage insuffisant (on s'en doutait).

 

9h25: je reviens dans la salle d'attente où un papy me complimente sur la politesse de mes gosses (j'en pleurerais). Mais tout de suite après, ça se gâte. Je récupère les jums à grand peine car il reste plein de livres passionnants à regarder (Renaud veut rester et se roule par terre) et je m'enfuis du cabinet en les traînant derrière moi sans ménagement, mais efficacement. Je charge tout le monde dans la voiture et m'écroule, épuisée, sur le siège.

Je m'arrête un instant pour acheter une baguette du « jeudi » (dixit Isabelle la vendeuse en faisant référence au fait que j’ai dit un jour que celles du samedi sont les meilleures) car ça, c'est la bonne nouvelle: enfin du bon pain, les vacances du boulanger sont terminées!

 

9h35: dépôt des affreux à la crèche. Renaud ne veut pas quitter mes bras et je dois l'abandonner pleurant et criant "maman" comme s'il ne devait jamais me revoir. J'ai le coeur fendu en deux comme un abricot trop mûr. Je pars travailler la tête basse...

 

Le soir même de la visite chez le dentiste, j’ai demandé  à Chris de récupérer les enfants à la crèche et de les gérer pendant que j’allais faire les boutiques, enfin une boutique plus précisément, pour trouver un meuble en remplacement de celui que j’avais vendu la veille.  En effet, depuis quelques temps, j’ai la manie de tout mettre en vente sur Internet. Dès que je tombe sur un objet dont je ne me sers plus hop : sur Priceminister ou leboncoin… Et parfois, ça va plus vite que prévu. C’est comme ça que j’ai vendu du jour au lendemain le bahut dans lequel je rangeais toute la vaisselle « de réception » et que je me suis retrouvée avec tous les verres à pieds, les verres apéro et une cinquantaine d’assiettes de tailles diverses à mettre à l’abri de mes petits monstres dans les meilleurs délais.

L’achat en question m’a pris un temps fou : pas moyen de me décider entre tous les meubles anciens magnifiques de la boutique. La vendeuse n’aspirait qu’à une chose : baisser le rideau. Et j’avoue que je lui ai fait quelques fausses joies en choisissant un meuble…et en changeant d’avis quelques minutes après, puis à la réflexion en optant pour un troisième que j’avais voulu aller revoir dans l’entrepôt. Au final, j’en ai acheté deux. Mais ça c’est typiquement féminin.

Je rentrais à la maison vers 20h quand mon téléphone se mit à sonner. C’était Thieb, qui m’appelait du portable de son père, chez qui il passait la dernière semaine des vacances.

« - Maman ? Viens me chercher s’il te plait. Papa dort depuis le début de l’après midi, je n’arrive pas à le réveiller, j’ai faim, il ne m’a pas donné de goûter et il n’y a rien à manger pour le dîner !

-Mon pauvre chéri, j’arrive, ne t’inquiète pas, tu vas rentrer à la maison, tout va bien se passer »

J’ai repris le volant illico pour retourner à Lille en prenant au passage la mère de Ducon qui avait les clefs de l’appartement de son fils. Lorsque nous arrivâmes devant l’immeuble, j’aperçus par la fenêtre du rez-de-chaussée mon Thieb assis dans une demi-pénombre et regardant la télé à la lumière glauque d’une misérable ampoule. Nous entrâmes dans l’appartement et je fus saisie par l’odeur âcre de la cigarette froide mêlée à celle de la crasse. L’appartement suintait la déchéance, malgré la présence de quelques meubles anciens d’un prix élevé. Thiébaud était fou de joie et de soulagement en nous voyant. Mais le plus dur restait à faire : affronter la bête. Et je dois avouer que je n’étais pas très rassurée. Alors j’ai puisé la force nécessaire dans mon cœur de mère et je suis allée réveiller Ducon pour lui dire que j’emmenais Thieb. Ce ne fut pas facile, j’ai du le secouer et il a mis du temps à émerger. Il n’était visiblement pas dans son état normal. Une fois la surprise de me voir là passée, j’ai reconnu sur ses traits la crispation des mâchoires et l’élargissement des pupilles qui me terrorisaient autrefois.  Mais là, pour la première fois, je n’avais pas peur de lui. J’étais sûre de moi, calme et déterminée. Il a bien sûr commencé à me menacer de tout et de rien et a agressé sa pauvre mère déjà apeurée, mais nous sommes partis, l’abandonnant titubant et chancelant sur les marches de l’entrée.

Depuis, Thieb a complètement changé. Il est redevenu adorable, gentil, poli et serviable. Il a repris sa place à la maison, celle qu’il ne devrait plus quitter.

Le fossé se creuse de plus en plus  entre lui et son père, à chacune de ses déceptions. Et elles sont fréquentes !

Cette semaine encore, alors qu’il n’avait plus revu son père depuis l’épisode précédent, la situation a dérapé. J’avais en effet accepté que Thieb se rende chez Ducon après avoir prévenu ce dernier qu’au moindre faux pas, ce serait fini. Et bien quelques heures plus tard, Thieb me demandait à nouveau de venir le rechercher car son père « dormait » depuis des heures.

Malgré les excuses foireuses de Ducon : « la première fois, j’avais pris de l’aspirine et là j’ai une grippe et une gastro en même temps ( !) » Thieb a décidé de ne plus dormir chez son père et de ne le voir qu’en journée, seulement  s’il est dans un état correct. Tant mieux, moins il le verra, moins je serai inquiète !

Par Val de la Cosiète
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Mardi 26 août 2008 2 26 /08 /Août /2008 17:59

 

Me revoilà au boulot. Punaise, ce que ça passe vite les vacances. Pourquoi les mois d’été semblent filer aussi rapidement alors que le mois de novembre parait avoir 60 jours ? Quoique, vu le temps qu’on a eu cet été justement, en juillet on aurait pu se croire en novembre. Mais un mois de novembre à 30 jours, vu que c’est l’été… ouh la, ça se complique…. En plus je DETESTE le mois d’août. Pour moi, il ne fait pas vraiment partie de l’été. Août, c’est le mois qui précède la rentrée, donc il a un méchant goût de fin. Les jours rapetissent à tout vitesse, les matins deviennent humides de rosée (je veux dire ceux où il ne pleut pas tout le reste de la journée) et les champignons envahissent la pelouse (j’en ai des tonnes, surtout des « vesse-de-loup » qui en explosant font jaillir de leurs entrailles une mousse flasque maronnasse aux allures de tourista). En août, les araignées parties se dorer la pilule sous le saule rentrent s’abriter des premiers matins frais à l’intérieur de la maison. Et comme les vacances leur ont fait du bien, elles en ont profité pour doubler de taille. J’en ai encore trouvé une énorme, noire, velue, en rentrant de vacances dans le salon ! Mais en dehors du temps souvent ingrat, et des bestioles envahissantes, le mois d’août est aussi fertile en courriers, factures et impôts en tout genre. La boite aux lettres déborde, et on y trouve bien peu de cartes postales !!!!

A l’extérieur de la maison, la déprime est encore plus palpable…

Les magasins n’ont qu’un mot en vitrine « rentrée ». Les panneaux d’affichage regorgent de cartables, ordinateurs et bureaux d’écoliers. Sur les étals des maraîchers, les fruits rouges et les pêches juteuses laissent la place au raisin et aux légumes d’automne.

Le pire, c’est qu’en rentrant de vacances, pas moyen d’exhiber son corps doré aux regards envieux des collègues partis en juillet et déjà redevenus blancs : il fait bien trop froid !

Cette année n’a pas échappé à la règle. Et comme d’habitude, le soleil reviendra fin septembre, et pendant tout le mois d’octobre….

Heureusement, novembre mettra bon ordre à ce dérèglement climatique tout droit issu de nos premières leçons d’écoliers… Vous vous rappelez ? La leçon sur les saisons ? La neige l’hiver sous un ciel bas et lourd, les fleurs du printemps et les premiers beaux jours, les moissons sous un soleil de plomb et l’automne avec ses rafales de vent qui font tourbillonner les feuilles mordorées du grand châtaignier… Mais depuis quand n’y a-t-il plus de saisons, hein ?  Le monde se réchauffe, oui, mais pas partout de la même façon. Dans le Nord, on a plutôt l’impression que les saisons se lissent et se ressemblent….

 

C’est la même chose dans le pays basque, tiens d’ailleurs ! Hiver comme été, même température jamais chaud, jamais froid, et même pluviométrie (crachin et re-crachin). Dans le Nord, on dit qu’il fait un temps de chiottes, dans le pays basque, avec le même temps, ils disent qu’ils ont un microclimat !!! Les Pyrénées atlantiques, c’est le département le plus vert de France. A côté, la Normandie est aride et la Bretagne une région méditerranéenne. Seuls les gens qui y sont nés peuvent supporter ce taux d’humidité. Quoique, ils ne le supportent peut-être pas si bien que ça, car ils sont drôlement acariâtres. Au moins, nous les ch’tis, ont fait pas la gueule à longueur de (mauvais) temps. Le basque n’est pas un joyeux luron, c’est sûr. Et côté sens de l’accueil, c’est pas terrible dans le meilleur des cas et catastrophique dans la plupart des autres. Les touristes, ils veulent bien voir leurs sous, mais pas leurs têtes. Côté loisirs, quand ils ont fini de regarder mourir les taureaux dans une arène bondée de spectateurs assoiffés de sang et de vinasse, la bave aux lèvres devant le martyre de l’animal, ils jouent à une sorte de demi-tennis contre un mur. Au niveau restauration, la cuisine basque est très réputée. On peut y gouter quand on trouve un resto qui veut bien vous accepter. C’est pas évident, parce que même quand la salle est vide, le patron peut vous répondre en vous regardant droit dans les yeux :

« - vous avez réservé ?

- bin non .

- alors tant pis, on est complets ! »

En fait, le sport national, chez les basque, ce n’est ni la pelote ni la corrida, c’est le foutage de gueule. Tout ça, je le savais, mes vacances m’ont confirmé que je ne me trompais pas : 5 jours de mauvais temps sur 7 passés à Sare, village charmant au pied des Pyrénées, à tout juste 12km de St Jean de Luz. Douze kilomètres, mais 1 heure et demi de trajet ! Et pas question de s’arrêter à St Jean de Luz. Cette ville se visite en voiture, exclusivement (normal, on ne peut pas se garer, donc on ne s’arrête jamais, on tourne, on tourne…) Parce que bizarrement, ça grouille de touristes dans cette région. Je ne comprends pas pourquoi… La dernière fois que je suis venue au pays basque, ça remonte à il y a environ 10 ans, je suis repartie avant la fin des vacances, c’est la seule fois de ma vie que ça m’est arrivé. Et c’est même pas parce que mon ex me faisait chier, non, c’est juste parce que j’en avais marre.

Cette année, j’aurais bien fait la même chose si on n’avait pas enchaîné sur une merveilleuse semaine dans les Landes.

 

Ah, on passe Bayonne et ça change tout ! Le soleil, la mer, le sable, les beaux surfeurs la combinaison tombant négligemment sur les hanches… Le paradis. Et puis les Landais, au moins, ils sont sympathiques, accueillants. C’est un plaisir de faire les boutiques à Hossegor ou à Capbreton (même si tout est hors de prix). Mais je ne peux pas dire que ce plaisir fut partagé par tous les commerçants chez qui je suis allée faire des emplettes. Je pense notamment à cette dame qui vend des articles de plage et à laquelle j’ai acheté un ensemble « seau, arrosoir et pelle ». L’objet en question à la main, j’entre dans la boutique et au moment de payer, la dame me dit :

« - faites attention, il reste de l’eau au fond du seau car il a plu la semaine dernière. ». J’acquiesce en lui tendant mon billet de 5 euros.

« - cela fera 3 euros et 60 cents.

- ah bon, je pensais que ce modèle était à 3 euros, c’est curieux ?!!! »

Dubitative et méfiante je retourne le seau pour vérifier le prix sur l’étiquette et… toute l’eau se déverse sur le comptoir, l’appareil à CB etc… La vendeuse crie qu’on lui amène une serpillère. Il y a de l’eau partout (c’est fou ce que ça peut contenir un seau de plage). Je récupère ma monnaie et m’enfuie sans demander mon reste, après avoir constaté à haute voix et sans réfléchir :

« - ah oui, vous aviez raison, c’était bien 3,60 ! ».

 

Donc, la deuxième semaine de nos vacances, nous avions loué un appartement à Seignosse, dans un club VVF face à la mer, avec 3 terrains de tennis, un aqua-club, un bar ouvert jusqu’à pas d’heure (dont le barman fait les meilleures caïpirina et les plus délicieux mojitos que j’ai bu depuis…des lustres) et des tas d’activités pour occuper les enfants toute la journée… euh, oui, en fait, c’est ce qu’on avait prévu au départ et qui aurait rendu notre séjour absolument inoubliable… mais c’était sans compter sur nos petites têtes blondes….

Le lendemain de notre arrivée, dimanche, nous avions inscrit les klabous et Thiébaud au club enfant pour nous octroyer notre première après-midi de détente… A 17h30, quand nous sommes venus récupérer les jums, une mauvaise surprise nous attendait : l’animatrice nous a annoncé que les jumeaux étaient purement et simplement virés du club enfant pour comportement insupportable. Pffff, la douche était froide, c’est le moins que l’on puisse dire. Nous sommes rentrés dépités à l’appartement avec les deux énervés qui pulvérisaient les plantes des allées (ils appellent ça cueillir des haricots verts et des poireaux), hurlaient en se courant après, se lançaient leur jouets à la tête ou se sautaient dessus en roulant sur le sol comme des chiffonniers voulant récupérer un foulard Hermès. Ce soir là, nous avons réuni une cellule de crise familiale et avons pris deux résolutions :

            - passer au niveau « fessées +++ » pour tenter de donner un semblant d’éducation à nos deux électrons incontrôlables

            - mettre tout en œuvre pour faire réintégrer nos petits dans la structure d’accueil.

C’est Christophe qui a été chargé de l’exécution du plan, car il est plus efficace que moi dans la répression comme dans la négociation. Je ne sais pas comment il s’y est pris, mais en tout cas, les petits ont de nouveau été admis au club, à temps partiel puis à temps complet au fur et à mesure des jours. Ouf.

Le côté répressif n’a malheureusement pas porté ses fruits aussi rapidement qu’on l’aurait voulu. En fait, pour être claire, l’impact de notre changement de méthode d’éducation a été quasi nul. Renaud a continué à se sauver en courant de manière impromptue lorsqu’on se promène (sauf que maintenant il crie « au secours » en même temps car il sait qu’il va y avoir droit), Rémi a continué à balancer ses jouets partout et à se rouler par terre. Ils ont fait pipi au lit à tour de rôle tous les jours (sympa le lavage de draps en vacances) et Thiébaud s’est disputé alternativement avec chacun de ses frères chaque fois qu’ils étaient réunis, les excitant puis se plaignant de leur comportement agressif à son égard. Car si les jums ont été péniblement charmants comme à leur habitude (à la fin, la responsable du club leur était attachée, comme tout le monde), Thiéb n’a pas failli à sa réputation de menteur hypocondriaque et manipulateur. Les choses empirent, c’est certain, et les 3 semaines passées dans le « camp adverse » entre ses grands parents fans inconditionnels et son père gaga n’ont rien arrangé, au contraire. Il a un comportement de fils unique, gâté et egocentrique. Je désespère de lui inculquer quelques valeurs de bases comme le respect, la politesse et la droiture. Un exemple parmi tant d’autres :

Un soir, alors que je passe le rechercher au club enfants, l’animateur me glisse d’un air un peu inquiet :

« - nous avons fait très attention que Thiébaud ne se fasse pas mal, après ce qui lui est arrivé !

Moi, interloquée : - mais que lui est-il arrivé ?

- et bien, vous savez,  il est tombé du 2ème étage de votre appartement hier soir ! Après son séjour aux urgences et ses points de suture, on ne voulait pas prendre de risques, alors il n’a pas fait les activités trop physiques…

Moi, stupéfaite : - c’est une blague ? Thiébaud est tombé sur le macadam hier en marchant sur un ballon et je lui ai mis un sparadrap parce qu’il saignait du genou !

Lui, n’en revenant pas et un peu honteux : - mais je vous assure que c’était crédible, il nous a donné tellement de détails ! 

- Evidemment, il regarde Dr House avec nous chaque semaine, alors il en connait un rayon sur les urgences !»

Vous imaginez ma gêne et ma déception ? Le pire, c’est que même en étant découvert, Thiéb n’éprouve aucun regret ni aucune honte. Ca l’ennuie, un peu, c’est tout. Mais il recommence quelques instants plus tard. Des anecdotes comme celles-là, j’en ai des tonnes : objets soi-disant égarés et dissimulés dans ses affaires, vêtement perdus qu’il prétend avoir rangés parce qu’il n’en a pas besoin etc. Je ne sais plus quoi faire, et je commence à ne plus le supporter. Du coup, j’en viens à comprendre Christophe, qui a percé à jour mon petit bonhomme et n’hésite plus à lui dire ses quatre vérités à chaque fois qu’il en a l’occasion, c'est-à-dire grosso-modo toutes les 15 mn. Jusque là, je le défendais, mais aujourd’hui, il faut bien que je me rende à l’évidence : Même avec circonstances atténuantes, le jugement est sans appel : c’est un sale gosse.

Ces histoires ont un peu plombé les vacances, surtout la fin, avec un voyage interminable de deux jours entre Seignosse et Lille, à 70km/h de moyenne, avec les 3 gamins surexcités qui se battaient sans arrêt à l’arrière. Pourtant, je garde paradoxalement un bon souvenir de mes vacances, et même un peu de nostalgie… un sentiment sans doute lié à la véritable lune de miel que nous avons vécue Chris et moi pendant ces 15 jours (mais ça, je ne le raconterai pas…)…

Par Val de la Cosiète
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